Les ONG mettent en garde contre un échec des Etats généraux de l’alimentation

Paris, 22 sept 2017 (AFP) – Plus de 50 or­ga­ni­sa­tions de la so­ciété ci­vile ont mis en garde ven­dredi contre un échec des Etats gé­né­raux de l’ali­men­ta­tion, ap­pe­lant le gou­ver­ne­ment à écou­ter la voix des ci­toyens en fa­veur d’un chan­ge­ment de mo­dèle agri­cole et ali­men­taire.

Ces Etats gé­né­raux « doivent abou­tir à un ré­sul­tat en­ga­geant pour le gou­ver­ne­ment et les par­ties pre­nantes, sur la voie de la tran­si­tion agroé­co­lo­gique et ali­men­taire », sou­lignent ces ONG (FNE, FNH, Oxfam, le Ré­seau ac­tion cli­mat, mais aussi l’As­so­cia­tion fran­çaise des dié­té­ti­ciens nu­tri­tion­nistes, le Se­cours ca­tho­lique, Ac­tion contre la Faim, ou en­core l’Union na­tio­nale de l’api­cul­ture fran­çaise…).

« Le gou­ver­ne­ment vient de faire exac­te­ment l’in­verse en sup­pri­mant dé­fi­ni­ti­ve­ment (mer­credi, ndlr) les aides au main­tien pour les agri­cul­teurs bio, ce qui va à re­bours des at­tentes de la so­ciété et té­moigne d’un manque d’an­ti­ci­pa­tion et de ré­flexion sur l’ave­nir de l’agri­cul­ture fran­çaise », disent-elles dans un com­mu­ni­qué com­mun.

Pour ces ONG, réunies au sein d’une « Pla­te­forme ci­toyenne pour une tran­si­tion agri­cole et ali­men­taire », « la voix des ci­toyens doit être prise en compte. Il en va de la cré­di­bi­lité des Etats Gé­né­raux de l’Ali­men­ta­tion. Si le gou­ver­ne­ment échouait à en­clen­cher un chan­ge­ment de mo­dèle et une juste ré­par­ti­tion de la va­leur, ces États Gé­né­raux se­raient consi­dé­rés comme un échec ».

Ce pro­ces­sus de dis­cus­sions, en­tamé en juillet et prévu jus­qu’en dé­cembre, doit viser à bâtir « des fi­lières re­lo­ca­li­sées et équi­tables et ob­te­nir un juste re­venu pay­san, tout en pré­ser­vant la santé des agri­cul­teurs et des consom­ma­teurs », sou­lignent les as­so­cia­tions.

Parmi leurs 63 pro­po­si­tions, ac­com­pa­gner les agri­cul­teurs pour mo­di­fier leurs pra­tiques, don­ner les moyens à la res­tau­ra­tion col­lec­tive d’at­teindre 50% de pro­duits du­rables, sou­te­nir la fi­lière se­mences bio, rendre trans­pa­rent le par­tage des marges, etc.

In­ter­ro­gée par Le Monde de sa­medi, Au­drey Pul­var, pré­si­dente de la Fon­da­tion pour la na­ture et l’homme (FNH), porte un re­gard sé­vère sur le dé­rou­le­ment de ce ren­dez-vous.

« L’op­tion qui nous est pro­po­sée, c’est de dis­po­ser, à la fin, d’un agenda des so­lu­tions dans le­quel les ca­bi­nets mi­nis­té­riels vont aller pio­cher celles qui les dé­rangent le moins. Cette op­tion ne nous convient pas », dit-elle. Elle ap­pelle à « un pro­ces­sus de type Gre­nelle, avec une phase plus po­li­tique, pour dé­ter­mi­ner des me­sures struc­tu­rantes ».

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